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            Un beau matin de 1836, un personnage bien connu et apprécié des Abbevillois, négociant en vins, attendait impatiemment le passage de la Toulousine qui faisait à cette époque le service des lettres et des voyageurs de Boulogne à Paris, afin d'échanger quelques mots avec son cousin venu lui dire adieu avant de partir dans la commune où l'amenaient ses affaires. La Toulousine repartant au plus vite , le pauvre négociant chuta sur la chaussée en voulant redescendre et se fit malencontreusement écraser par la diligence. Ainsi mourut à l'âge de 40 ans M. Alexandre Courbet laissant derrière lui une femme et trois enfants, Alexandre, âgé alors de 21 ans, étudiant au grand séminaire d'Issy, Céline, 25 ans devenue madame Cornet et Amédée Prosper Anatole à peine âgé de 9 ans né le 26 juin 1827 au 21 rue de l'Hôtel de Ville à Abbeville.

    Madame Courbet mourût quelques temps après, n'ayant que peu supporté la mort brutale de son mari en confiant la garde du jeune Amédée à ses deux aînés.

Alexandre sut très vite déceler chez son jeune frère certains atouts qui l'amèneraient à être « quelqu'un ».

            Après une première partie d'études indisciplinée voire catastrophique, Anatole se rachète une conduite et devient alors studieux, laborieux et réfléchit. Il obtient son bac en 1845, part à Amiens à l'institution Spéry, puis à Paris à l'institution Favart et suivit les cours du lycée Charlemagne. Très brillant élève, il finit par être admis à la 6ème place comme sergent à l'école Polytechnique en octobre 1847.

            Quelques mois plus tard, en février 1848, c'est la REVOLUTION.

 

            Anatole, alors sergent major prend les commandes auprès de ses camarades. Il fit la connaissance d'Armand MARRAST, maire de Paris qui lui propose de venir travailler avec lui comme secrétaire.

1849, octobre : Anatole Courbet entre dans la marine à 22 ans comme aspirant 1ère classe sur "L'Océan ". Puis passe par les grades de enseigne de vaisseau, lieutenant de                               vaisseau et enfin, capitaine de frégates en 1866.

1870:Il part aux Antilles sur le Talisman

1873 : Il devient capitaine de vaisseau et Chef d’État-major général de l'Amiral d'Hornoy

1877 : A ce titre, il est à la tête d'une flotte entière avec neuf cuirassés et cinq croiseurs.

1879, 24 mai : Il devient gouverneur de nouvelle Calédonie et débarque à Nouméa jusqu'en septembre 1882. En conflit avec le gouvernement, il quitte la nouvelle Calédonie pour Sydney puis revient en France.

1883, 23 avril : Courbet est envoyé en mission en Indochine et embarque sur le « Bayard », ce fameux vaisseau dont le nom sera à jamais accolé au sien .

                        Le 26 mai 1883, il fait parvenir une dépêche qui émeut la France entière, elle annonce le massacre de nombreux soldats et marins français par les pavillons noirs.

                        Courbet part alors avec sa flotte vers le Cochinchine puis Saïgon.

1883,16 juillet au matin, la colonne française arrive à Tonkin.

1883, 26 décembre, il est nommé Commandant en Chef de la Division Navale du Tonkin.

1884, 1er mars, nommé vice amiral.

            Il enchaîne alors les victoires et fait tomber les pavillons noirs.

1884, 26 juin, GUERRE FRANCE CHINE

 

           

            600 soldats français sont massacrés, Courbet possède un avison , 3 croiseurs, 3 canonnières et 2 torpilleurs. Les chinois possèdent 11 bâtiments, 12 jonques et 7 canots. Pendant plus d'un mois, la flotte française lutte. Le 23 août à 11h45, Courbet donne l'ordre de lever l'ancre dans le plus grand silence ce qui rend inefficace les tirs chinois programmés à 12 heures. Par contre les tirs français sont réglés en conséquence . LA FLOTTE EST SAUVEE

Terrorisés, les chinois fuient et remontent la rivière Min pour se mettre à l'abri .

            À Abbeville, on accueille la nouvelle avec une immense ferveur et Céline Cornet vient brûler un cierge devant la vierge de l'église Saint Vulfran. Après cette victoire , Courbet est élevé au rang d'Amiral, reçoit la médaille militaire le 10 septembre 1884 et devient un héros national.

            Il part alors sur la campagne des îles Pescadores. Malheureusement, l'état sanitaire du pays fragilise les troupes. Celles ci , épuisées et fiévreuses se déciment petit à petit. Sur 1600 hommes, 400 sont malades, 69 meurent et 80 sont évacués sur Saïgon.

Anatole Courbet n'échappera malheureusement pas à la règle, il se mit à souffrir du foie, des intestins et de l'estomac et sa santé décline de jour en jour. Son dévoué médecin, le Docteur Doué lui ferme les yeux le 11 juin 1885 à bord du  fameux Bayard.

Le monde illustré lui consacre tout un numéro le 27 juin 1885

            C'est également le Bayard qui revient en France ramener la dépouille de l'Amiral, les honneurs militaires sont donnés à chaque escale, chaque pays traversé. Le 21 août, le Bayard arrive à Toulon.

Le 27 août, le cercueil arrive à Paris et les marins du Bayard le transportent dans la Cour d'Honneur des Invalides. Son sabre est déposé dans la chapelle marine du Sacré-cœur. Ses économies sont léguées selon sa volonté à la Société de Sauvetage en Mer de la Baie de Somme.

Pendant que les honneurs militaires ont lieu à Paris, Abbeville s'apprête à accueillir dignement le corps de leur illustre enfant. Partout, des arcs de triomphe sont élevés sur le parcours du cortège et une plaque de marbre est apposée sur sa maison natale.

L'évêque d'Amiens reçoit et bénit le précieux corps à son arrivée et celui-ci est transporté vers Saint Vulfran dont la nef est couverte de tenture, la chapelle du Christ est devenue chapelle ardente avec son un socle de velours noir, la maquette du Bayard. Le cercueil est recouvert de l'uniforme d'Amiral avec toutes ses décorations et entouré de cierges, veillé jour et nuit par les prêtres.

            La veille de la cérémonie funèbre, la dépouille de l'Amiral est portée place du Marché aux Blés , future place de l'Amiral Courbet où une immense chapelle ardente est dressée. Lors de la cérémonie, une très longue et émouvante oraison funèbre fut prononcée par l’Évêque d'Amiens, au nom de la France

            Le cortège funéraire repris ensuite jusqu'à la dernière demeure de l'Amiral, cimetière de la Chapelle.

           

            Sa sœur Céline, toujours bienveillante, commande au sculpteur Alexandre Falguière un monument gigantesque à la gloire de son frère.

 Celui-ci fut inauguré le 17 août 1890.


Date de création : 28/02/2017 23:44
Catégorie : Histoires - Personnalités Abbevilloises
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